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Le 22 avril 2007

Votez pour une rupture chirurgicale avec le capitalisme

Cela n’aura échappé à personne, durant la campagne pour l’élection présidentielle le MEDEF n’est pas resté muet. Il a clairement indiqué au futur chef de l’Etat ses exigences en publiant un livre-programme Besoin d’air. Pour la bourgeoisie le bilan de Chirac II est globalement positif mais encore insuffisant car le potentiel de combativité de la classe ouvrière n’est pas détruit. C’est ce qu’attestent les grèves qui se déroulent dans une multitude d’entreprises et en particulier chez Airbus, Alcatel et Citroën-Aulnay. C’est ce qu’indiquent également les actions contre les rafles et les expulsions de travailleurs immigrés et de leurs familles.

Pour la bourgeoisie il n’est plus possible de se satisfaire d’un gouvernement qui perd un référendum essentiel sur la constitutionnalisation de la « concurrence libre et non faussée ». Pour la bourgeoisie il n’est plus possible de se satisfaire d’un gouvernement contraint de reculer face à un mouvement de masse de la jeunesse qui a eu raison du CPE. Ce qu’il faut désormais au MEDEF c’est un gouvernement à la Thatcher. Pour cela il dispose d’un candidat naturel : Nicolas Sarkozy. Le programme de ce dernier c’est la mise au pas du mouvement ouvrier, le culte chauvin de l’identité nationale, l’enrobage religieux des choix politiques et l’alignement servile sur les USA.

Pourtant une fraction de la bourgeoisie redoute les effets d’un tel programme, c’est pourquoi elle propose une solution plus douce dans la personne de François Bayrou et une perspective centriste incluant tout ou partie du PS. Il s’agit d’une reprise à la française des configurations allemande ou italienne.

De son côté Ségolène Royal a choisi de s’affranchir le plus possible de la tradition réformiste de son parti. Son pacte présidentiel reste silencieux sur l’abrogation des mesures prises par Raffarin et Villepin comme la loi Fillon de mise en pièces de notre régime de retraites alors que cela figure dans le programme du PS. Son pacte présidentiel s’incline d’entrée de jeu devant le diktat de la dette publique ; ce qui signifie qu’elle se prive volontairement des moyens nécessaires pour au minimum humaniser le capitalisme.

Les deux candidats antilibéraux, Marie-George Buffet et José Bové, défendent des choix qui seraient susceptibles d’égratigner le pouvoir de nuisance du capital. Mais tous deux rendent totalement impuissants leur programme en refusant de poser les deux questions essentielles. D’une part ils refusent toute forme de rupture avec l’Europe des traités de Rome et de Maastricht, pourtant rejetée majoritairement par l’électorat populaire le 29 mai 2005 ; d’autre part ils refusent de rompre fondamentalement avec les institutions bonapartistes de la 5e République, même s’ils évoquent une sixième. Enfin, le PS exerce sur eux une certaine fascination. Marie-George Buffet n’écarte pas l’idée d’une nouvelle participation à un gouvernement à direction PS (le 5 avril sur Canal+) ; quant à José Bové, il n’exclut pas d’être ministre de l’agriculture d’un tel gouvernement.

Le candidat soutenu par le PT, Gérard Schivardi, affirme clairement la nécessité de rompre avec les traités de l’Union européenne. Il se prononce contre la régionalisation, pour la nationalisation des secteurs clés de l’industrie et des banques, pour la laïcité. Mais il reste étrangement silencieux sur les responsabilités du gouvernement actuel. Pire il affiche un nationalisme certain. Sur le plan économique, il déclare « Nous sommes de moins en moins concurrentiels sur le marché mondial » (le 6 avril sur BFM Radio). Sur le plan politique, il ajoute « je travaille avec l’extrême-gauche ou des gens de droite, il faut que cela soit des Français, des vrais Français » (le 6 avril sur France 2). Cela le conduit à l’extrémité suivante concernant les travailleurs sans papiers : « Il faut les raccompagner chez eux » (le 28 mars sur LCI).

Votez Olivier Besancenot ou Arlette Laguiller

Seuls deux candidats affirment que ce sont les travailleurs et la jeunesse qui ont réellement besoin d’air : Olivier Besancenot et Arlette Laguiller. Ils posent les questions vitales qui harcèlent les couches populaires. Ils apportent la preuve que c’est la course aux profits et les exonérations fiscales et sociales qui coûtent à la société. Mais, ils n’ouvrent pas la perspective d’une rupture franche avec le régime d’exploitation et d’oppression, une rupture avec les institutions politiques et militaires de ce régime quelles soient françaises (5e République), européennes (Union européenne) ou mondiales (FMI, OMC, OTAN).

Certes la question du socialisme ne se tranchera pas par les élections, mais ces dernières doivent être considérées comme un terrain de lutte comme un autre et pas seulement comme un théâtre de témoignage.

La question que les communistes, les révolutionnaires doivent aborder est celle de mettre un terme à ce qui plombe la lutte des travailleurs et de la jeunesse depuis des années : l’absence de débouché politique. Pour cela, l’objectif à atteindre est celui d’un gouvernement dont la politique sera la satisfaction des revendications de la classe ouvrière. Ce qui implique : abroger toutes les mesures antisociales et antidémocratiques prises depuis 1983, développer une politique basée sur l’indépendance de classe, ne pas se limiter à des revendications économiques et sociales aussi avancées soient-elles et inscrire l’action – ici et maintenant – dans un cadre internationaliste.

Ainsi se construira la perspective d’en finir effectivement avec le capitalisme, régime qui épuise, comme l’écrivait Karl Marx, « les deux sources d’où jaillissent toute richesse : la terre et les travailleurs » (Le Capital, Editions sociales, 1976, Livre I, page 361).

Bobigny, le 8 avril 2007