Prométhée
Nouvelle Gauche Communiste

La Lettre de Prométhée
Numéro 6, 13 mai 2007

 

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Un texte de Prométhée consacré à la situation telle qu'elle se présente à l'issue de l'élection de Sarkozy sera publié dans quelques jours.
La contribution ci-dessous nous semble pourtant devoir être communiquée à nos lecteurs sans attendre. Sans s'étendre sur toutes les questions, elle pointe en effet un aspect essentiel de l'offensive anti-ouvrière qui s'annonce et trace des pistes de résistance qui nous paraissent devoir être portées à la connaissance de tous.

Après l'élection de Sarkozy
Résister, reconstruire

Inutile de se voiler la face : avec les 53% obtenus le 6 mai par Sarkozy, le camp des possédants, des privilégiés, a remporté une incontestable victoire politique. Dans quelques jours, un véritable gouvernement de guerre sociale sera mis en place. Sans doute à sa tête y aura-t-il Fillon, celui qui réussit à faire subir les coups que l'on sait à nos système de retraites en 2003, celui qui tint tête à des millions de manifestants.
Nous le savons tous : désormais, une avalanche d'attaques se prépare. Contre le droit du travail, contre nos garanties en matière de licenciements, contre les CDI, le droit aux études, les libertés démocratiques, le droit de grève.... Et encore, on en oublie !
Fillon ne cache d'ailleurs pas ses plans : taper vite, taper fort. En direction des dirigeants syndicaux, il précise d'ailleurs qu'"il ne faut pas qu'ils s'imaginent que le lendemain du scrutin tout repart comme avant, avec les méthodes d'avant ".
Chacun est donc prévenu. Cela n'empêche pourtant pas Thibault de déclarer pour la C.G.T : " Nous ne sommes ni une force d'opposition a priori ni une force d'accompagnement a priori. ". Quant à Mailly (Force Ouvrière), il prend soin de préciser son opposition de principe à tout " 3° tour social ". Pourtant, que leur faut-il de plus pour en appeler à la résistance du monde du travail ?
Sur un autre plan, comme on s'en doute, les dirigeants du PS ne sont pas en reste. Après avoir mené une campagne électorale menant au désastre du 6 mai, ils nous demandent toute honte bue de " reconnaître le résultat du suffrage universel ".
Non, décidément, à cette orientation qui désarme, il faut imposer l'exigence de l'unité en défense du monde du travail, de chacun et de tous ses acquis.

Contre le " Dialogue social " avec Sarkozy et le MEDEF
Au-delà des rodomontades, le gouvernement UMP se prépare une fois de plus à recourir aux services des directions syndicales. D'où l'engagement de Sarkozy à respecter la loi de janvier 2007 sur le " dialogue social ". Encore faut-il être clair : ce " dialogue social " n'a pour but que de faire endosser les revendication des capitalistes par les directions syndicales. Moins que jamais, il ne s'agira de " négociations ".
Visiblement le message a d'ailleurs été reçu : " Avec Nicolas Sarkozy, le principe est : je décide, les syndicats exécutent. ", a déclaré Le Duigou, (CGT). Mailly (FO) a aussi exprimé son inquiétude. Pourtant, tous se préparent à s'asseoir à la table des " négociations " annoncées par Sarkozy et Fillon...
C'est aussi le cas dans l'Enseignement. Des " négociations " y sont annoncées pour avancer vers le démantèlement de l'accès égalitaire à l'éducation : suppression de la carte scolaire, autonomie des Universités... La FSU annonce pourtant sa volonté de " porter les revendications des enseignants dans toutes les discussions et concertations annoncées "...
A l'évidence, la voie de la préservation de nos acquis impose de multiplier les initiatives pour imposer que nos syndicats réalisent l'unité contre l'UMP, le MEDEF, qu'ils refusent par avance toute collaboration avec le futur gouvernement et le patronat.

Les travailleurs des transports publics en première ligne
En 1995, les travailleurs de la SNCF furent les premiers à entrer en action contre le plan Juppé. En 2003, ils furent encore aux avant-postes de l'action. Ces secteurs sont encore des places fortes du mouvement syndical. On peut donc comprendre qu'un gouvernement qui vole à Le Pen des pans entiers de son programme cherche l'affrontement avec de telles corporations.
Cela leur est d'autant plus important que l'action des cheminots, des travailleurs de la RATP, leur a permis de préserver jusqu'ici leurs régimes spéciaux (retraites). Cette résistance a jusqu'ici pu empêcher l'égalisation par le bas exigée par le patronat.
Or en 2008, une nouvelle série de mesures contre le système de retraites de tous les travailleurs est à l'ordre du jour. Il est donc impératif à Sarkozy et Parisot d'avoir réussi à liquider les régimes spéciaux de ces branches auparavant. On se souvient d'ailleurs de l'importance donnée par Sarkozy à cet objectif durant la campagne électorale.

Défendre le droit de grève
Pour avancer contre les travailleurs des transports publics, l'objectif de Sarkozy et du MEDEF est de les ligoter, de leur interdire de réagir.
Ils prévoient pour cela de satisfaire une veille revendication de la réaction : la mise en place d'un " service minimum " en cas de grève des transports. Il s'agirait de garantir le fonctionnement du chemin de fer 3 heures le matin et 3 heures le soir. Selon un rapport gouvernemental récent sur la question, cela impliquerait de maintenir au travail 80% du personnel...
Le " service minimum ", c'est l'interdiction de fait du droit de grève dans les transports publics.
Même après le 6 mai, l'objectif est pourtant de taille pour l'UMP. L'équipe Sarkozy fait donc encore appel aux directions syndicales, et des " négociations " se préparent sur la base de cette exigence.
Pourtant, aucune direction syndicale ne s'oppose à l'opération. Pour Thibault (CGT) " ce n'est pas au niveau interprofessionnel qu'il faut traiter ces questions. " Mailly (FO) dit la même chose. Bref les deux directions se déclarent déjà disponibles pour discuter de la question, seul le " cadre " les dérange. Mais comment défendre le droit de grève en acceptant le principe d'un tel " service minimum " ?
La conclusion s'impose d'elle-même : Contre le " service minimum ", contre l'UMP et le MEDEF, il faut imposer :


Aucune collaboration avec le gouvernement Sarkozy
Aucune " négociation " du " service minimum "


Multiplier les initiatives sur une telle orientation participe de l'indispensable activité à mener pour réaliser l'unité contre le patronat et son gouvernement. C'est s'inscrire dans la préparation de l'action que chacun sait inévitable en défense des acquis ouvriers.

Le 12 mai 2007
Pascal Morsu