Prométhée
Nouvelle Gauche Communiste

Prométhée (revue trimestrielle)
Numéro 62, 3e trimestre 2005

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Après la victoire du 29 mai
NE PAS ATTENDRE 2007 !

 

Sentant sa fin prochaine le gouvernement Villepin fait feu de tous bois. Il continue l’œuvre destructrice de Raffarin : privatisation de EDF-GDF, loi Borloo dite de « cohésion sociale », loi Douste-Blazy contre la Sécurité sociale, poursuite du processus de décentralisation-privatisation. Il accélère le bradage au privé des compagnies d’autoroutes à tel point que le libéral-social Bayrou en est scandalisé. Il aggrave la mise à sac du code du travail avec, entre autre, la création d’un contrat nouvelle embauche (CNE) pour les entreprises de moins de 20 salariés qui préfigure pour tous la fin du contrat à durée indéterminée. Le CNE aggrave considérablement la violence patronale en plaçant le salarié sous la menace permanente d’un licenciement sans motif. On retrouve cet aspect répressif avec les nouvelles mesures de contrôle et de sanctions envers les chômeurs et les rmistes. Il augmente la prime à l’emploi conduisant à ce qu’une part non négligeable du salaire des travailleurs pauvres soit payée non par l’employeur mais par l’impôt ; pour un SMIC à mi-temps cela donnera 500 € de salaire et 300 € de prime par mois. Il prépare une réforme de l’impôt sur le revenu favorable aux plus riches. Il envisage trois fois rien pour le logement social, alors que trois incendies dans Paris ont assassiné une vingtaine d’immigrés africains montrant, si cela était vraiment nécessaire, la situation dramatique du logement social. Il laisse à son frère ennemi Sarkozy la méthode musclée, ce dernier dénonce en des termes que ne renierait pas le FN l’immigration dite clandestine et envoie ses CRS vider brutalement deux squats.

Voilà ce que Villepin qualifie sans honte de « croissance sociale ». Seul le MEDEF se félicite du « ton énergique et mobilisateur » du locataire de Matignon, même la CFDT, pourtant passée maître dans l’art de la collaboration, se déclare « déçue ».

Après avoir passé ses cent premiers jours sans réelle encombre, Villepin clame haut et fort : « J’entends rester chef du gouvernement jusqu’aux derniers jours. » [1] Ça c’est sûr Monsieur de Villepin, mais rien ne vous garantit que ce sera en 2007.

Si l’UMP venait de gagner triomphalement des élections législatives, tout en se mobilisant contre une telle politique, elle serait somme toute normale. Mais telle n’est pas la réalité. En se cramponnant au pouvoir malgré leur longue liste de déroutes électorales, Chirac, Villepin et Sarkozy montrent qu’ils sont des adeptes
d’Alain Minc qui déclarait en 1994 : « Le capitalisme ne peut s’effondrer, c’est l’état naturel de la société. La démocratie n’est pas l’état naturel de la société. Le marché oui. » [2] En effet, la droite a été écrasée lors des élections de 2004, cette illégitimité démocratique a été massivement confirmée par la victoire du non au referendum du 29 mai ; et cette fois elle partage son sort avec le MEDEF et la direction du PS désavouée par la majorité des électeurs socialistes.

Et tout ce beau monde cherche à se convaincre que le 29 mai n’a pas existé et agit comme si rien ne s’était passé. Que s’est-il passé le 29 mai ? Sinon une défaite cinglante pour la bourgeoisie française, défaite qui affecte toute la construction capitaliste en Europe. L’Union européenne est secouée par la fin de règne de Schröder et de Berlusconi, par l’enlisement de Blair dans la guerre contre l’Irak et par un Chirac moribond sur fond de cacophonie à droite (ambition de Sarkozy, contestation de Bayrou, etc.). Le 29 mai a ouvert, ou plutôt a confirmé, une crise politique en France, crise renforcée par le discrédit de la direction du PS candidate à l’alternance banale en 2007. La 5e République est de plus en plus usée et, sans prendre nos désirs pour la réalité, ses institutions s’avèrent inopérantes pour défendre l’ordre de la propriété privée. Gageons que cela gamberge dans les cénacles bourgeois.

La bataille du 29 mai a bien eu lieu

Cet événement présente trois fortes caractéristiques : il vient de loin, il relève de la lutte de classe et il a tous les attributs d’une clarification politique.

Un événement qui vient de loin.  Il ne s’agit pas d’un brutal tsunami comme l’invoquent maints commentateurs engagés volontaires dans la campagne du oui. Il s’agit d’une irruption volcanique en formation depuis une dizaine d’années. Et pour être plus politique, on est en droit de parler d’insurrection sociale de rejet des politiques au service du capital. Bien que cela reste à faire, il ne rentre pas dans le cadre de cet article d’écrire l’histoire de la lutte de classe de la dernière décennie. Nous nous limiterons aux faits importants.

1995 sera marquée par deux événements politiques majeurs. Au premier tour de la présidentielle, Arlette Laguiller obtenait pour la première fois 5,3% des voix et Robert Hue 8,6% effaçant partiellement l’échec retentissant de 1988. Et surtout à la fin de l’année éclatait la grève de masse contre le plan Juppé de casse, déjà, de la Sécurité sociale et des retraites, grève contraignant le gouvernement à un recul partiel. Dans le numéro 24 de Prométhée (1er trimestre 1996) nous écrivions : « Ministres, experts et journalistes passaient des nuits paisibles : l’idéologie dominante qu’ils servent et propagent avait conquis la société (…) [Mais voilà que] le prolétariat venait de rappeler son existence ou plus exactement son retour sur la scène politique. Même au prix d’un matraquage médiatique, même avec le concours de Madame Notat et une pétition d’experts et de militants de ‘gauche’, même avec l’admiration à peine mesurée de certains chefs du PS : le prolétariat a affronté la bourgeoisie, son plan et finalement contesté les fondements de sa politique. » Nous qualifions la réalité par cette formule « Le retour des fossoyeurs ». [3]

1997, Chirac, confronté à l’épineux dossier des mesures draconiennes à prendre en vue du passage à l’euro, décide de dissoudre l’Assemblée nationale et patatras l’effet retard de la grève de 1995 s’exprime et la gauche gagne les élections. Alors que Jospin, devenu premier ministre, déclare que la voie est étroite, ratifie le traité d’Amsterdam et laisse Renault fermer l’usine de Vilvorde, dans le numéro 30 de Prométhée (3e trimestre 1997) nous posions cette question qui au fil des années s’avèrera centrale : « Est-il possible de satisfaire Maastricht sans désespérer le peuple ? »

2002, en réaction à la politique de soumission à la mondialisation impérialiste conduite par le gouvernement Jospin, Gayssot, Voynet en cohabitation avec Chirac les partis de la gauche plurielle sont évincés le 21 avril au premier tour de la présidentielle. L’arrivée de Le Pen au second tour, qui en inquiète plus d’un, masque la réalité du scrutin marquée par un recul de tous les partis gouvernementaux de droite comme de gauche, par une forte progression de l’abstention dans les milieux populaires (+ 5,9% sur 1995) et par les 10,4% des voix obtenus par les candidats d’extrême gauche ce qui constitue une première historique dans un pays impérialiste. Dans le numéro 49 de Prométhée (2e trimestre 2002) après avoir noté que l’ensemble PCF/extrême-gauche représentait environ 13% des voix depuis 1995 mais que le rapport interne était passé de 62% à 24% pour le PCF nous écrivions : « il existe objectivement un potentiel anticapitaliste dans ce pays. »

2003, alors que chez les commentateurs les débats allaient bon train sur l’impuissance du mouvement ouvrier grâce aux 80% de voix obtenu par Chirac le 5 mai 2002, face au plan Filon de destruction des retraites et face au projet de décentralisation antichambre de la privatisation se leva en mai et juin une puissante grève de masse. Mais cette fois-ci Raffarin resta intraitable ? Dans le numéro 54 de Prométhée (3e trimestre 2003) nous caractérisions la situation ainsi : « Mouvement politique cherche perspective politique » et nous faisions la proposition suivante : « La grève de masse de mai-juin a créé les conditions pour la construction d’un projet de libération sociale, camarades relevons le défi. Mettons en place des lieux de débats et de lutte afin que les acteurs de la grève élaborent le projet révolutionnaire qui sera opposé à la bourgeoisie qu’elle soit servie par les conservateurs-libéraux ou par la social-démocratie. Ce projet sera alors portée, ensemble, sur le terrain de la lutte des classes, y compris lors des prochaines échéances électorales. Camarades, faisons mentir Michel Rocard qui est persuadé, comme la direction du PS, que ‘’le capitalisme a gagné’’ » [4]

2004, aux élections régionales, puis confirmé aux européennes, c’est Waterloo pour la droite gouvernementale, sa défaite est totale en perdant la quasi totalité des exécutifs régionaux, elle est désormais démocratiquement illégitime. En 2003, Raffarin affichait sa morgue en martelant que ce n’est pas la rue qui gouverne ; en 2004, il exprimait son mépris du suffrage universel en refusant que les urnes gouvernent. Avant les échéances électorales, dans le numéro 56 de Prométhée (1er trimestre 2004) nous affirmions que, confronté à une politique insupportable, il n’était pas possible d’attendre 2007. Dans le numéro suivant, après les élections, nous constations : « En tenant compte de l’état réel de la conscience, état de rejet des effets – autrement dit le libéralisme – et pas encore un état de rejet des causes – autrement dit du capitalisme servi alternativement par le bloc des droites et par le bloc des gauches – il n’y a rien d’étonnant au résultat sorti des urnes : se saisir du bulletin de vote PS pour frapper le plus fort possible le gouvernement. Malgré les questions qu’il soulève, ce résultat est le produit direct de la grève généralisante de mai-juin 2003. » Pour notre part, dans la suite du 21 avril 2002, nous avons fait, au premier tour, campagne pour les listes LO-LCR. Mais nous avons dû nous rendre à l’évidence, la campagne de ces listes ne proposait qu’une plate opposition et une forte dénonciation du capitalisme. Elles ne répondaient que vaguement aux préoccupations des masses laborieuses car elles n’ouvraient pas de perspective concrète et réaliste. Cela n’avait rien d’étonnant, en effet ne notions-nous pas dans le numéro 49 de Prométhée (2e trimestre 2002) : « De leur côté les organisations d’extrême-gauche, qui ont trop longtemps observé le prolétariat et les militants communistes au travers du prisme déformant du stalinisme, s’avèrent en panne de perspective politique. »

Comme on peut s’en rendre compte le résultat du 29 mai vient de loin et il était prévisible pas seulement par les instituts de sondage.

Un événement qui relève de la lutte de classe. Comme l’expliquait si joliment Jospin les oui de droite et ceux de gauche étaient, et restent, compatibles. Au passage il serait fort utile dans les semaines et les mois qui viennent de ne pas effacer ce constat de nos mémoires militantes. Par contre, les analyses sorties des urnes montrent que l’écrasante majorité des votes non proviennent des couches exploitées et opprimées de la société. Il s’agit donc d’un vote de classe. Mais il s’agit de plus que cela, c’est un vote qui relève de la lutte de classe [5]

En effet, étant donné que ce qui a été au cœur de la campagne du non de gauche à la constitution européenne fut le rejet franc et massif de la « concurrence libre et non faussée », cela implique, au minimum, le même rejet de toute forme de politique favorable au capital, que cette politique soit élaborée à Paris ou à Bruxelles. Ceci constitue un point d’appui pour les luttes à venir, en commençant par le combat pour stopper la politique du gouvernement Villepin engagé, comme ses prédécesseurs, dans l’élimination des obstacles à la « concurrence libre et non faussée » : privatisation des services publics, liquidation des conquêtes sociales et du code du travail. Ce vote est porteur d’une dynamique pour réussir une alternative anticapitaliste. Nul ne pourra l’ignorer, à moins de se renier lui-même.

La preuve a été faite que dès lors que l’on construit une campagne véritablement unitaire, une campagne basée sur des objectifs clairs et fermes alors le peuple s’engage et fait le bon choix au grand dam de l’ancêtre Giscard d’Estaing [6]. La preuve a, également, été faite que la force des travailleurs réside dans leurs aptitudes à l’auto-organisation. Le travail en commun élaboré et conduit dans le cadre des comités pour le non de gauche constitue un modèle du genre. Dans ces comités se sont retrouvés aux coudes à coudes communistes, trotskystes [7], dissidents du PS, dissidents des Verts, syndicalistes, altermondialistes, militants sans appartenance politique. Dans cet ensemble le PCF et ses militants ont joué un rôle moteur, donnant à ce parti des responsabilités nouvelles, lesquelles ne manqueront pas de marquer le prochain congrès même si elles ne sont pas formellement à l’ordre du jour. L’enjeu politique majeur du moment est de faire fructifier cette auto-organisation, embryon de l’auto-émancipation des masses. Il s’agit de véritables travaux pratiques sur le thème du vieux mot d’ordre du mouvement ouvrier « L’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes. » Ceux qui décideraient de s’en tenir à l’écart auraient, quoi qu’il arrive, tord.

Enfin, la preuve vient d’être apportée qu’il est possible de réduire substantiellement l’influence de la vermine du FN quand le prolétariat se bat sur ses propres objectifs. Rappelons ce qu’écrivait en 1936 Daniel Guérin : « Le fascisme n’est pas un phénomène fatal ; et ici une donnée nouvelle, si nous le voulons, peut et doit intervenir. Le socialisme peut et doit vaincre le fascisme si, tirant la leçon de ses défaites, il s’arrache enfin à son état de paralysie et d’impuissance ; s’il gagne de vitesse le fascisme ; s’il conquiert, avant le fascisme, les classes moyennes paupérisées ; s’il s’empare, avant le fascisme, du pouvoir – non pour prolonger tant bien que mal le système capitaliste (comme l’ont fait trop de gouvernements portés au pouvoir par la classe ouvrière), mais pour mettre hors d’état de nuire les bailleurs de fonds du fascisme (magnats de l’industrie lourde et grands propriétaires fonciers) : en un mot, s’il procède à la socialisation des industries-clés et à la confiscation des grands domaines. » [8]

Un événement de clarification politique. En janvier 1996, le quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung s’inquiétait en ces termes : « Les mouvements sociaux en France et en Belgique, en réaction aux politiques de rigueur conformes aux normes définies à Maastricht, jettent une ombre sur le projet. » [9] Après les non en France et aux Pays-Bas c’est tout le projet qui est remis en cause. L’électorat populaire en rejetant la constitutionnalisation du capitalisme en Europe, donc en France, a clairement fait savoir qu’il en avait assez, qu’il voulait une politique au service de ses propres intérêts, c’est-à-dire qui sape effectivement les bases de l’exploitation et de l’oppression.

Il s’agit très concrètement d’une remise en cause du tournant de 1983 quand Mitterrand, président de la République, et Jospin, premier secrétaire du PS, décidèrent de substituer l’Europe à la « rupture avec le capitalisme ». A l’époque, la direction du PCF dispose de quatre ministres jusqu’en 1984 date de l’arrivée à Matignon de Fabius. Jospin affirme, la main sur le cœur, qu’il s’agit d’une parenthèse imposée par le situation, il n’est pas encore question de mondialisation. Cette parenthèse ne sera jamais refermée par la direction du PS et le même Jospin propose le contraire en rappelant la compatibilité des oui de gauche et de droite. La stratégie du PS devient l’Europe capitaliste contre la libération sociale, la direction du PCF lui emboîte, à sa façon, le pas avec sa mutation ; processus toujours d’actualité malgré le départ de Robert Hue comme le montre la lecture de ses 27 objectifs pour un programme politique résolument à gauche [10].

Ce choix « européen » de Mitterrand et de Jospin signifie la rigueur, c’est-à-dire l’austérité pour les travailleurs. La première mesure prise, sous l’impulsion de Delors est très significative : la désindexation des salaires sur les prix, revendication aussi ancienne que le mouvement ouvrier. Puis ce sera le plan Juppé ; les décrets Balladur sur les retraites dans le privé complétés par la loi Filon en 2003 ; la décentralisation définie tour à tour par les lois Defferre, Pasqua, Chevènement, Voynet et Raffarin ; et enfin et surtout les privatisations des services publics par Balladur, Juppé et Jospin, etc., etc… la liste n’est pas exhaustive. C’est-à-dire autant de mesures pour permettre l’exercice de la « concurrence libre et non faussée. » En votant massivement non le 29 mai, le monde du travail a signifié sa volonté de fermer la parenthèse ouverte en 1983.

Et maintenant que faire ?

De quel côté que l’on se tourne un constat s’impose : il y a urgence sociale. Comme « les communistes ne s’abaissent pas à dissimuler leurs opinions et leurs projets » [11] ils proposent un programme de transition au socialisme basé sur : la rupture avec les instances impérialistes (OMC, FMI, OTAN, Union européenne, 5e République, etc.), la socialisation des grands moyens de production, d’échanges et de communication, la socialisation du secteur bancaire et financier, l’union et l’action internationalistes avec les peuples d’Europe et du monde pour en finir avec la mondialisation et ses guerres impérialistes, l’instauration de la démocratie et du socialisme. Mais comme également les communistes « n’ont point d’intérêts qui les séparent de l’ensemble du prolétariat » [12] à toutes les forces qui se sont battues pour la victoire du non du monde du travail à la constitution européenne ils proposent un front unique dont le pivot peut se résumer ainsi : Abrogation de toutes les mesures antisociales et antidémocratiques prises depuis 1983.

Cet objectif est à notre portée. L’alliance électorale passée en Allemagne par le PDS et le WASG, issu d’une scission du SPD et rejoint par Oscar Lafontaine, va dans le même sens. Une convergence anticapitaliste, ou mieux si possible une alliance socialiste, est rendue possible à la fois par la victoire du 29 mai résultante d’une décennie de luttes et à la fois par la désintégration de l’emprise stalinienne sur la classe ouvrière et la crise existentielle qui secoue la social-démocratie.

Président, Gouvernement, Parlement qui aurait approuvé la constitution européenne à plus de 90% alors que le peuple l’a rejetée à 55% : qu’ils s’en aillent tous ! Comme ils ne partiront pas d’eux-mêmes, pire dans le laps de temps qu’il leurs reste ils poursuivent et aggravent la politique condamnée par le suffrage universel, il est impossible de les laisser faire jusqu’en 2007, voire plus. Il ne s’agit pas d’un mot d’ordre conjoncturel, il s’agit d’une nécessité qui doit ordonner, unifier et centraliser toute notre action [13].

Chasser Chirac et son gouvernement, dissoudre l’Assemblée nationale sont effectivement à l’ordre du jour. Par qui les remplacer ? Par un gouvernement du non de gauche, par un gouvernement qui s’engage avec les travailleurs – et sous leur contrôle – à mettre en œuvre la volonté massivement et clairement exprimée le 29 mai.

Emile Fabrol

1.- Libération du 2 septembre 2005.
2.- Le Monde du 17 décembre 1994.
3.- Selon la formule de Marx et Engels dans Le Manifeste du parti communiste.
4.- La citation de Rocard est extraite du Monde du 19 juin 2003.
5.- On trouve cette même référence dans l’article de Charles Jérémie publié dans le numéro 33 de Carré rouge.
6.- Rappelons qu’en 1981, ce dernier demandait aux électeurs de faire le bon choix en votant pour lui.7.- Sauf LO et le PT qui ont chacun mené leur propre activité. A noter également que la quasi totalité des courants du PCF hostile à la mutation ont fait de même. Ironie de l’histoire, on a vu manifester ensemble les conservateurs du Pole de renaissance communiste et le PT.
8.- Daniel Guérin, Fascisme et grand capital, Éditions Gallimard, 1945, page 303.
9.- Cité par Courrier international du 25 janvier 1996.
10.- Lire l’étude critique des camarades de la Riposte, http://www.lariposte.com
11.- Marx et Engels, Le Manifeste du parti communiste, Éditions sociales 1961, page 47.
12.- Marx et Engels, Le Manifeste du parti communiste, Éditions sociales 1961, page 27.
13. On retrouve cette même idée dans le numéro 26 du bulletin édité par les camarades du courant Avanti ! de la LCR, http://avanti-lcr.org