Prométhée
Nouvelle Gauche Communiste

Prométhée (revue trimestrielle)
Numéro 62, 3e trimestre 2005

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Le chaos impérialiste

Avec la mondialisation et la destruction de l’URSS pour Fukuyama c’était « la fin de l’histoire » ; entendez par là la fin de la lutte des classes. Un « nouvel ordre international » allait assurer la paix, la démocratie et le marché libre pour tous. Aux puissances impérialistes, États-Unis en tête, le rôle de civiliser – enfin – le monde et les peuples aliénés n’auraient plus de questions à se poser.

Le marché libre imposant dans la quasi totalité des pays la privatisation, la destruction des conquêtes sociales parfois des plus maigres. Il entraîna une montée du chômage de masse, de la misère.

En guise de paix depuis 1990 ce fut une multitude de guerres locales provoquant des millions de morts. Ce fut également quatre interventions militaires impérialistes majeures : Irak, Yougoslavie, Afghanistan et de nouveau l’Irak. L’impérialisme français participant aux trois premières expéditions.

Quant à la démocratie, elle resta aux abonnés absents.

A ce jour, aucune des guerres impérialistes n’a débouché sur une solution viable. La Bosnie-Herzégovine et le Kosovo restent, pour une durée indéterminée, des protectorats. L’Afghanistan et l’Irak sombrent dans un chaos indescriptible. La propagande des mondialisateurs voudrait nous faire croire que c’est la faute exclusive des terroristes de la nébuleuse insaisissable d’Al Qaida. Peut-on faire remarquer que ceux-ci ne sévissent en Irak que depuis l’arrivée de la horde des croisés ?

Dans ce pays, après avoir tout détruit sauf les puits de pétrole, la puissance états-unienne s’avère incapable de reconstruire un semblant de vie décente à laquelle aspirent la population et pour laquelle des forces militantes – comme le Parti communiste ouvrier d’Irak – agissent avec les moyens de la lutte de classe (organisations, revendications, manifestations) mais dont les médias asservis ne parlent jamais [1] Pire, les États-Unis et la Grande-Bretagne imposent une occupation militaire terroriste. Ils veulent imposer une constitution qui réduirait à néant les droits des femmes et qui partagerait le pays essentiellement sur des bases confessionnelles.

Cette incapacité à « construire une nation » [2], terme politiquement correct pour protectorat et s’inspirant du concept développé par la SDN avant la 2e guerre mondiale, révèle la réalité de la puissance des États-Unis d’Amérique du Nord.

C’est également la preuve par le drame qu’apporte le passage de l’ouragan Katrina en Louisiane : une destruction massive d’infrastructures, une dizaine de milliers de morts, des survivants sans eau ni électricité, sans médicaments et certains mourants de faim et une désorganisation totale des moyens de secours.

Chaos en Irak, chaos en Louisiane. Voilà le visage hideux d’un monde soumis à la dictature des actionnaires, à la rentabilité immédiate, au taux de profit maximum, au droit inaliénable de la propriété privée des moyens de production, d’échanges et de communication.

Certes, les États-Unis ne sont pas ce tigre de papier agité par le président Mao. Mais ils sont, de toute évidence, un colosse aux pieds d’argile, tout comme l’est le système de la mondialisation impérialiste. Tout cela ne peut qu’engendrer un gigantesque chaos. Aux exploités et aux opprimés d’y mettre fin en s’unissant dans un vaste mouvement internationaliste pour la libération sociale et politique.

Yannick Villars

1.- Pour avoir d’autres informations sur la situation en Irak, voir : http://www.solidariteirak.org.
2.- Sur cette notion utilisée par les boites à penser impérialistes lire l’analyse de Claude Serfati dans Impérialisme et militarisme : Actualité du 21e siècle, Cahiers libres, pages 131 à 136.