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Prométhée (le Journal)
Numéro 66, décembre 2006

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Pour l'unité contre Chirac, Villepin, Sarkozy et le MEDEF
Contre le « dialogue social » ; Contre la « Conférence sur l'Emploi et le Revenus »

Le 14 décembre, une « conférence » réunissant les « partenaires sociaux » (Etat, syndicats, patronat) et concernant « l'Emploi et les Revenus » se tiendra à Paris. Son objectif ? « établir un diagnostic commun sur la situation de l'emploi et des revenus dans notre pays » et « dégager ensemble des solutions concrètes ». D'ores et déjà, les responsables des diverses organisations syndicales invitées ont annoncé leur participation.

Mais de quoi s'agit-il ? Quels sont les objectifs de cette conférence ?

1.- « Sécurité Sociale Professionnelle » : poursuivre, accélérer le démantèlement du droit du Travail

Concernant l'Emploi, il y a peu de doutes que la Conférence servira de tribune pour faire avancer le projet de « Sécurité Sociale Professionnelle ».

Initialement, cette formule fut lancée par la direction de la CGT. Malgré un soutien de plus en plus large à la revendication de l'interdiction des licenciements, la direction de la CGT la tenait pour « irréaliste » car selon Le Duigou (numéro 2 de la CGT) « Il n’est pas question d’ignorer la contrainte de compétitivité des entreprises. ». Désormais, tous soutiennent la « sécurité sociale professionnelle » : Sarkozy et l'UMP, le PS, le PCF, etc.... Quant à Chirac, il a récemment encouragé à « poursuivre la modernisation du code du travail et mettre en place une véritable sécurité sociale professionnelle ».

Gouvernement et MEDEF ne s'en cachent pas : leur échec sur le CPE a ralenti le rythme de leur offensive contre le code du Travail, les divers règlements protégeant les salariés. Mais l'objectif demeure et la première étape est d'en finir avec les CDI sous prétexte d'un « contrat de travail unique » - l'UMP l'a même explicitement inscrit à son programme, Sarkozy en a fait son cheval de bataille. Bien sûr, la direction du Parti Socialiste n'est pas en reste, avec son projet de  « couverture professionnelle universelle »....

La « modernisation » de Chirac, c'est avant tout la  « libéralisation » du droit de licencier, le retour au pouvoir absolu du patron ! Face à de tels projets, il faut multiplier les initiatives pour la défense du code du travail ; la défense des CDI ; l’interdiction des licenciements.

2.- Vider le SMIC de son contenu

Le SMIC est aussi dans la ligne de mire du patronat et du gouvernement. Ainsi le journal patronal L'Expansion publie un article titré « Faut-il supprimer le SMIC ? » où il développe tous les « arguments » qui justifient de le démembrer. Pour ce journal et les patrons qu'il sert, il est insupportable que ce pays soit « sur le plan salarial le pays le plus égalitaire du monde » ! Toujours selon ce journal la solution est simple, il suffit de « dissocier le salaire minimal (ce que verse l’entreprise au salarié) du revenu (l’ensemble des sommes que touche chaque mois le salarié) en combinant à un smic plus faible une prime pour l’emploi (PPE) plus recentrée. »

Jusqu'ici les patrons français n'ont en effet pas pu limiter la hausse du salaire minimum avec autant de « rigueur » que leurs concurrents. A l'heure où de redoutables concurrents apparaissent, la préservation de leurs profits implique de baisser radicalement le « coût du travail » : pas question de laisser perdurer un tel acquis ! Mais pas de « baisse du coût du travail » significative tant que subsistera le SMIC : le salaire minimum sert aujourd'hui de référence pour la fixer le revenu de la moitié des salariés de ce pays.

Depuis plusieurs années, le patronat multiplie donc les initiatives pour arriver à vider le SMIC de son contenu. D'où les campagnes hypocrites visant à « démontrer » que l'existence du SMIC aboutit à créer des « trappes à bas salaires ». En fait, ces « trappes » ne sont que la conséquence de la politique de baisse de la part « patronales » des cotisations sociales qui se poursuit depuis des lustres.

Les objectifs patronaux sont connus. Les représentants du MEDEF cherchent à obtenir l'annualisation du SMIC et un mécanisme de revalorisation « dépolitisé » (!), c'est-à-dire garantissant que les hausses du salaire minimum resteront « raisonnables ». Si ces projets aboutissaient, c'en serait fini du SMIC tel qu'il protège (relativement) des centaines de milliers de travailleurs, avant tout les plus jeunes.

Voici pourquoi il est indispensable de se prononcer aussi pour la défense du SMIC ; l’échelle mobile des salaires ; le SMIC à 1500 € net.

3.- « Les syndicats doivent se libérer d'une tradition excessivement protestataire » (Chirac)

La « Conférence sur l'Emploi et les Revenus » est la conséquence de l'appel de Chirac à « placer les partenaires sociaux au cœur de l'élaboration (...) des réformes sociales ». C'est dans ce cadre, que Villepin parle de « diagnostic commun » débouchant sur des « solutions concrètes ».  Les seules « revendications » qui seront discutées dans cette conférence seront celles des patrons - c'est sur la base de leurs objectifs qu'elle se tiendra. Rien de bon ne peut donc en sortir pour les travailleurs.

MEDEF et gouvernement ont en effet tiré les leçons de leur échec sur le CPE. On sait que Villepin avait alors essayé de passer en force.... et s'était ramassé ! Par contre Raffarin et Fillon avaient quant à eux précédé leurs attaques contre les retraites par une série de « consultations » visant à associer les directions syndicales à leurs plans. Ainsi, la « réforme » contre la Sécurité Sociale de 2004 donna lieu à l'élaboration d'un « diagnostic partagé ».

A présent, Chirac et Villepin ne peuvent reprendre l'offensive contre les acquis s'ils ne s'assurent auparavant la collaboration des sommets syndicaux – sinon, ce serait l'échec assuré. Il leur faut donc amener l'ensemble des « partenaires sociaux » à se situer sur le terrain de « l'inéluctabilité » de la libéralisation des licenciements, de les obliger à accepter de « s'attaquer » aux « effet pervers » liés à l'existence d'un salaire minimum de niveau relativement élevé.

Qui peut accepter de voir les organisations syndicales s'associer à l'élaboration de la politique d'un gouvernement aussi profondément réactionnaire ? Rien de bon ne peut sortir d'une collaboration entre d’une part ces organisations et d’autre part le MEDEF et le gouvernement ?

La meilleure façon de préserver nos acquis, c'est d’intervenir sur l’orientation générale de cette conférence, d'obliger les directions syndicales de rompre avec le gouvernement et le MEDEF et de multiplier les actions en faveur du boycott des instances, qui n’en doutons pas en découleront.

Intervenir ainsi, c'est participer à la nécessaire défense des organisations syndicales, à l'heure où le gouvernement et le MEDEF ne cachent pas leur volonté de les domestiquer en s'appuyant sur la politique de leurs directions et l'affaiblissement du mouvement ouvrier qui en résulte.

4.- « L'horreur économique », c'est le capitalisme !

Au-delà de cette conférence, de larges couches de salariés, de jeunes s'interrogent. Pourquoi cette avalanche d'attaques, comment y remédier ?

Là encore, il n'y a aucun mystère. Ces attaques sont les conséquences de la crise de l'économie de marché, du capitalisme, d'un système dont le moteur est l'existence de profits patronaux de plus en plus difficiles à garantir. Tant que persistera ce système aucun acquis ne sera durablement à l'abri. Il s’agit d’un authentique projet politique dont l’objectif est de remodeler les rapports sociaux pour les besoins exclusifs du capital.

C'est ce qui fonde la nécessité d'un gouvernement anticapitaliste, d’un gouvernement qui puisse réorganiser la production sur la base des besoins de la masse de la population laborieuse, de la jeunesse – et non des exigences d'une mince couche de privilégiés.

Ce ne sera possible que si émerge un mouvement ouvrier authentiquement socialiste. A l'heure où le P.S. s'enfonce chaque jour un peu plus à droite se pose objectivement la question d’un nouveau parti, d’une force politique qui se refuse à toute collaboration avec le gouvernement, les patrons, d’un parti organisant la défense intransigeante des intérêts du monde du travail ce qui implique nécessairement de refuser les diktats de l'économie de profit et qui se fixe pour objectif d'en finir avec le capitalisme.

Le 12 décembre 2006